Monétiser YouTube autrement que par la publicité

Un revenu publicitaire YouTube dépend de trois choses dont aucune n’est entre les mains du créateur : le nombre de vues, le prix que les annonceurs acceptent de payer ce trimestre-là, et le pays d’où viennent les spectateurs. Deux chaînes identiques en audience peuvent gagner du simple au quintuple, et la même chaîne peut voir son revenu chuter sans avoir rien changé. C’est pour ça que presque tous les créateurs qui en vivent ont diversifié : sponsoring, produit numérique, adhésion, boutique, et accès direct payant. Ces cinq sources n’ont pas le même coût. Le sponsoring exige de démarcher et se renégocie à chaque campagne ; un produit numérique se fabrique une fois et se vend longtemps ; un accès direct payant est le seul qui se reconduit tout seul, parce qu’on ne vend plus du contenu mais la relation qui l’entoure.

Par Sacha Le Breton Mis à jour le

Pourquoi le revenu publicitaire est illisible

Le même nombre de vues ne produit pas le même montant d’une chaîne à l’autre, ni d’un mois à l’autre sur une chaîne donnée. Le sujet traité, la durée des vidéos, la saison, le pays des spectateurs : tout entre dans le prix, et rien n’est annoncé à l’avance.

Ce n’est pas une critique de YouTube, c’est la nature d’un marché publicitaire. Mais ça signifie qu’un créateur qui construit dessus construit sur une variable qu’il ne peut ni prévoir ni négocier.

Les cinq sources, et ce qu’elles coûtent vraiment

SourceCe qu’elle demandeCe qui se passe si vous arrêtez
Publicitépublier, sans cesses’éteint en quelques semaines
Sponsoringdémarcher, négocier, livrers’arrête au contrat suivant
Produit numériquele fabriquer une foiscontinue, en déclinant
Adhésion de chaînedes avantages à tenir chaque moisles gens partent quand l’avantage cesse
Accès direct payantune relation déjà existantetient, parce que l’accès reste ouvert
La colonne de droite est celle qu’on regarde le moins et qui décide le plus. Elle dit ce qui reste le mois où vous êtes malade, en déplacement, ou simplement fatigué.

La question à se poser avant de choisir

Elle tient en une phrase : qu’est-ce que mon audience vient chercher chez moi que personne d’autre ne peut lui donner ?

Si la réponse est « une information », un produit numérique ou une formation est la voie naturelle, et un concurrent peut la copier. Si la réponse est « son avis à elle, sur ma situation à moi », alors ce qui se vend est un accès, et personne ne peut le copier, parce que l’accès est à vous.

Ce qui bloque le passage à l’acte

  • Attendre le bon moment. Il n’arrive pas. Une audience qui n’a jamais entendu parler d’une offre n’en réclamera jamais une.
  • Vouloir vendre du contenu en plus. Des gens qui ne regardent déjà pas tout ne paieront pas pour davantage. Ce qui manque n’est pas le volume.
  • Confondre gros public et clients. Une chaîne à fort trafic et faible attachement convertit moins bien qu’une petite chaîne suivie de près.
  • Ne pas oser fixer un prix. Trop bas coûte plus cher que trop haut : le détail est ici.

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Questions fréquentes

Pourquoi mes revenus publicitaires varient-ils autant ?

Parce que trois variables se multiplient : le nombre de vues, le prix payé par les annonceurs sur votre thématique à ce moment-là, et le pays de vos spectateurs. Aucune n’est stable, et vous n’en contrôlez qu’une.

Faut-il quitter YouTube pour gagner plus ?

Non. YouTube reste un excellent endroit pour être découvert. Ce qui change, c’est de ne pas y laisser aussi le paiement et la relation : la découverte d’un côté, le lien direct de l’autre.

L’adhésion de chaîne, est-ce suffisant ?

Elle a un défaut structurel : elle vend des avantages qu’il faut produire chaque mois, donc elle rajoute du travail au lieu d’en enlever. Un accès direct ne demande pas de fabriquer quoi que ce soit de neuf.

Combien d’abonnés faut-il pour vivre de YouTube sans pub ?

Moins qu’avec la publicité, et de loin, parce que le montant par personne n’a rien à voir. Le calcul se fait en clients, pas en abonnés : il est détaillé ici.