Monétiser son audience sans vendre de formation

La formation en ligne est le conseil par défaut, et c’est le modèle le plus cher à produire pour le créateur. Il faut la concevoir, l’enregistrer, la monter, la mettre à jour quand le sujet bouge, et la vendre encore, parce qu’un cours ne se vend qu’une fois par personne. Elle se copie aussi facilement : le contenu d’une formation est reproductible, la relation qui l’entoure ne l’est pas. Ce qui reste sans passer par là tient en quatre voies. Un service à la commande, qui rapporte tout de suite et plafonne aux heures disponibles. Un produit numérique court, plus rapide à fabriquer qu’un cours complet. Une communauté payante, qui vit tant qu’elle est animée. Et l’accès direct au créateur, qui ne demande de fabriquer aucun contenu neuf parce qu’il vend ce que l’audience réclame déjà : parler à la personne qu’elle suit.

Par Sacha Le Breton Mis à jour le

Pourquoi la formation est le conseil par défaut

Parce qu’elle est facile à recommander, pas parce qu’elle est facile à réussir. Elle suppose trois choses rarement réunies : un sujet assez structuré pour être enseigné, plusieurs mois de travail avant le premier euro, et une audience qui cherche à apprendre, et non simplement à suivre quelqu’un.

Le défaut structurel d’un cours

Il se vend une fois par personne. Chaque mois recommence à zéro, il faut donc recruter en permanence. C’est l’inverse d’un abonnement, dont le mois suivant démarre avec les clients du mois précédent.

Les quatre voies, et ce qu’elles exigent

VoieTemps avant le 1er euroSa limite
Service à la commandequelques joursplafonne à vos heures
Produit numérique courtquelques semainesse revend une fois par personne
Communauté payantequelques semainesmeurt si elle n’est pas animée
Accès direct au créateurimmédiat, rien à produireil faut pouvoir répondre à tous
La colonne du milieu est celle qu’on regarde en premier ; celle de droite est celle qui décide si le modèle tient encore dans un an.

Ce que le créateur possède déjà

Avant de fabriquer quoi que ce soit, il vaut la peine de regarder ce qui existe : les messages reçus. Ils disent exactement ce que l’audience veut, et ce n’est presque jamais un programme en douze modules. C’est une question précise, sur une situation précise.

Un créateur qui reçoit dix messages par jour n’a pas de problème d’offre : il a une demande qu’il ne peut pas servir. La monétisation la plus rapide consiste à rendre possible ce qui est déjà demandé, pas à inventer une chose de plus.

La limite commune aux quatre voies

  • Le service plafonne aux heures. Il rapporte vite et ne grandit pas : doubler le revenu suppose doubler le temps ou le tarif.
  • Le produit court se périme. Il faut le mettre à jour, ou le retirer quand il devient faux.
  • La communauté demande une présence. Un espace sans animation se vide, et un espace vide fait fuir les nouveaux plus vite qu’une absence d’offre.
  • L’accès direct demande de tenir le volume. C’est la seule limite des quatre qui se lève sans travailler davantage : les quatre façons.

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Questions fréquentes

Peut-on monétiser une audience sans vendre de formation ?

Oui, et souvent plus vite. Un service à la commande rapporte en quelques jours, et un accès direct ne demande de fabriquer aucun contenu neuf, alors qu’un cours demande des mois avant le premier euro.

Pourquoi la formation en ligne est-elle si recommandée ?

Parce qu’elle est simple à conseiller et qu’elle a très bien marché à une époque où l’offre était rare. Elle reste valable quand le sujet est enseignable et l’audience venue pour apprendre ; c’est un cas particulier, pas la règle.

Quelle est l’option la plus rapide à mettre en place ?

Un service à la commande, s’il existe une compétence à vendre. Sinon, un accès payant, parce qu’il ne demande de produire aucun contenu supplémentaire : ce qui est vendu existe déjà.

Le coaching individuel, est-ce une bonne option ?

Il rapporte vite et ne grandit pas : le revenu est le produit de vos heures par votre tarif, et les deux ont une limite. C’est un bon point de départ, un mauvais point d’arrivée.